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Ce texte, qui peut paraitre quelque peu long, à été rédigé afin de mettre en lien une série de travaux réalisés au cours de mes diverses recherches.
Mes
premiers travaux furent des autoportraits picturaux.
Ils
avaient comme support, l'image du regard potentiel de l'autre et ne
voulaient pas se situer dans une vision critique, historique du faire,
mais dans une recherche de l'émotion, de l'expression.
Durant
une dizaine d'années j'ai essayé de saisir et de
représenter quelle pouvait être la perçeption de
soi «étrangère» dans le regard de
«l'autre», afin de reproduire l'élément
pluriel de ce regard et l'influence de celui-ci sur la mémorisation
de soi.
Quand
ces travaux eurent une propension trop grande à devenir
illustratifs et à perdre leur sens, je me mis à
rechercher un lien entre l'image et la structure narrative du langage.
Ainsi
après des peintures qui voulaient être une
représentation d'émotions, de sentiments pensés
appartenir au regard extérieur, mes premières
intégrations furent construites sur base d'une recherche
d'union entre un espace porteur d'image, un autoportrait et un support
littéraire choisi en fonction de la possibilité de se représenter lui
Ce
furent par exemple les diverses représentations du «Château»
créées en fonction de F.Kafka, ou encore des
«Gouverneurs de la rosée» de J.Roumain .
L'un
des principaux intérêts de cette «union»
vint de l'apport littéraire
Celui-ci par le biais d'une scénographie évolutive liée à
la structure spatiale de l'installation,. me permit de fournir une trame
et une temporalité variables dans un espace et une matérialité
stables.
Il
fut créateur de recherche de perceptions-sensations n'ayant nulle nécessité
d'illustration scénographique.
Ces perceptions-sensations étaient
liées au vécu et dépendantes d'une
temporalité «extra-ordinaire» rattachant entre eux
un ensemble d'individus
Après
quelques réalisations, des obligations me sont apparues afin
de remédier au risque de théâtralisation des
représentations
Ces
réflexions de base me permirent de réaliser de manière
« plus sobre » quelques installations tout en
continuant à travailler en parallèle des autoportraits
qui ne dépendaient plus du regard des autres, mais de la
recherche d'une Structure Initiale (une ossature hors culturation) .
Je
fis ainsi une série d'empreintes d'un élément
initialement pensé , défini comme objectif, auquel on
puisse s'identifier, ayant subi au cours de sa longévité
une évolution, une «culturation».
Ce
fut une porte que je choisis comme sujet de travail et définissais
en tant qu'élément miroir.
Lors
de chaque création d'empreinte une évolution inverse se
réalisait grâce à la transposition sur toile des
éléments mémoriels attaqués par divers
produits mordants: acides, bases, ...
Le
but de ces travaux était de retrouver la Porte qui tout en
ayant subi des altérations puisse garder l'empreinte de
celles ci tout en devenant Initiale.
Par
la suite je me suis moins intéressé aux organisations
narratives tout en continuant à travailler avec l'«esprit
scénographique» que celles-ci m'avaient fournies.
Je
me mis à approfondir une représentation d'un espace
symbolique: celui lié aux structures mémorielles, et de
manière plus spécifique, aux pertes de sens, dépendant
des variables «oubli» et «altération
mémorielle».
Cette
évolution s'est caractérisée dans mon travail au
niveau
Du
langage par :
Sa
construction :
que
le langage soit utilisé de manière directe ou non,
son contenu symbolique est mis dans une situation qui l'enrichit.
Ainsi
sa construction n'est plus une représentation littéraire,
mais une recherche de l'image du phénomène de l'oubli
lié à la subjectivité mémorielle
Son
sens :
je
le présente comme détourné, car les éléments
utilisés ont eu leur valeur symbolique, discours ou image,
dénaturée (leur fonction mémorielle ayant été
rejetée ou manipulée)
L'effet
présumé de son influence sur le spectateur : le
spectateur se stabilise au niveau de ce langage métaphorique
et participe ainsi au monde de l'imagerie
Ce
modèle variable de structures m'a permis de travailler avec une utilisation variable de l'image ou du
langage, définis comme éléments supports avec
l'extérieur
Cependant
la
finalité du faire et le sens de la
contemporanéité dans mon travail firent apparaitrent de nouvelles questions
:
La
représentation contemporaine passant de la négation du
Signe (représentations spectrales dans lesquelles l'objet
n'est plus porteur de sens) à sa surproduction
illustratrice (objets schèmes, logos, représentations
dans lesquelles l'objet est prédominant vis à vis du
sujet, signes entrainant un survalorisation du sens), mon envie
de réaliser un art dans lequel l'Image, sans se limiter au
descriptif, soit porteuse de Sens et l'esthétique réalisée
comme support à communication, m'incita à rechercher
un lien entre communication personnelle et perception de l'individu
social.
Dans
le cadre d'ateliers créatifs un ensemble de
« confrontations », de non possibilité
de compréhention de certaines formes de représentations
dues à ce qu'il paraissait être des différences
sociales et culturelles, m'amena à penser la nécessité
d'un travail dans lequel l'expression esthétique soit aussi,
non pas représentation sociale, mais communication non
restrictive.
Ainsi
l'esthétique était perçue comme élément
social lié à la communication, pouvant se situer hors
rupture de niveaux sociaux-culturels.
Comme
je travaillais de manière rituelle, aspect lié à
une vision immuable de l'image, il me fallut accepter qu' il y ait
désaccord entre le statut d'agent conservateur des idées,
traditions ... et la recherche d'une contemporainéité
artistique en tant qu'à venir, perçue comme élément
lié à une nécéssaire novation.
Ceci
mobligea à regarder différemment l'évolution
possible de mes travaux. A
savoir, il
me fallait :
Penser
des objets sculpturaux qui puissent être perçus tout à
la fois comme individuels et faisant partie d'un Tout.
Créer
ces objets sculpturaux comme étant formés d'un
ensemble sériel d'éléments symboles leur
permettant par le biais de la scénographie des installation
d'être vu comme piéces uniques formées de cet
ensemble répétitif d'éléments uniques,
ou comme éléments d'une série- installation
d'objets sculpturaux ( objets ayant une thématique générale).
Percevoir
l'espace en tant que qu'instant présent.
!l
y eut ainsi une lecture dans laquelle l'image se trouvant confrontée
à sa situation pouvait être perçue comme élément
d'un macrocosme ou d'un microcosme.
Cette
perception lui donna une valeur non finie par la répétivité
de son objet initial.
Cela
eut également un impact sur le sens de mon travail. Je
me mis à découvrir une imagerie commune des
représentations extérieures.
Cela
m'incita à ne plus rester dans la fonction schématisée
de la représentation individuelle continue. Je
passais d'une analyse de l'individu-miroir (se situant par rapport à
lui-même tout en étant reconnu présent dans un
contexte social ) , à celle de l'individu-élément
social ( qui est avant toutes choses, appartenant à la
société).
Ainsi
si je continuais de travailler sur les altérations
mémorielles, c'était en valorisant la forme plurielle,
sociale, altérations qui ne soient dues ni à des maladies,
handicaps ..., ni à des agents à pouvoir hallucinogène
ou autre, jouant de manière physique sur le corps.
Actuellement
une recherche de mon travail est liée à la
représentation de l'évolution mémorielle, car celle-ci,
de même que la société, a évolué en
fonction de nouvelles réalités, technologies,
représentations...
Si
l'évolution des ritualités par le passage d'une
temporalité circulaire à une temporalité
linéaire rend possible la perte des organisations
hiérarchiques et éducatives traditionnelles au
détriment d'une structure liée à l'immédiat,
il y a néanmoins perte d'une mémoire plurielle au
profit d'une mémoire individuelle
Par
exemple en regardant la continuité du passage des sociétés
à tradition orale vers des organisations liées à
l'écriture, dépendantes d'économies
internationales informatisées, la transformation des
conceptions
mémorielles
fondées et liées à l'oralité a-t-elle eu
comme effet sur la la mémorisation des actes par le biais
de ritualisation symbolique (mémoire individuelle et
collective) de subir un développement accompagnant celui de
la structure.
Dans
ce contexte, la question majeure en lien avec ce système de
représentation est de savoir si la création d'un
espace mémoriel intermédiaire est réalisable ? Et
s'il l'est,qu'elle forme de mémoire identitaire peut être
contenue dans cet espace?
Si
l'on tient compte de l'évolution identitaire entre micro
(structure claniques, régionalisme..;) et macro-identité
(européanisme, mondialistion, multinationales...), il est
possible de voir divers effets d'un développement des
recherches identitaires.
Par
exemple au niveau familial ( recherches généalogiques),
culturel (identitarisme extra-national -identité construite
sur une pensée de non appartenance, étrangère –
régional), du groupe, du clan (recherche d'appartenance à
un espace réunificateur : appartenance sectorielle,
associative...).
Des
systèmes en lien avec un « passé
édenique », permettent ainsi un identitarisme lié
à une mémoire imagée.
Cependant
peut on parler de formes mémorielles, identitaires nouvelles
car de tout temps il y eu des mouvements socio-politiques de
retour vers l'imagerie d'un passé rendu idéal.Mouvements
prenant comme thêmes générateurs des structures
dominantes en déclin, où passées permettant la
construction de cette imagerie sans pour qu'autant la structure
mémorielle ne soit enrichie : chevalerie, époque
néoclassique, pan-africanisme,pan-germanisme.
La
rapide évolution de la perception humaine, façe au
social et à l'espace-temps, enrichit la dualité entre
représentations mythiques traditionnelles et image sociale
instable et diffère de l'imagerie mémorielle
contemporaine.
La
scission des classes sociales, l'évolution de l'économie
en fonction d'un discours liée à la pensée
d'une « mondialisation », les «Nouvelles
Réalités» mondiales (économiques,
artistiques : assimilations culturelles, débats politiques)
déstabilisent les représentations identitaires
La
perception de l'autre devient telle un ensemble de représentations
aux évolutions quotidiennes, matérielles et
modifiables.
Par
exemple, la résolution d'une grande part des jeux sur play
station ou ordinateur est liée à une compréhention
visuelle et tactile évolutive tandis que le sens discursif
se réduit au profit de l'image, support d'élément
symboles.
La
surconsommation de supports informatifs à digestion immédiate
sans analyse préliminaire change la vision historique,
sociale
L'utilisation
d'appareils photo numériques permet aux mémoires
familiales d'être standardisées, manipulées,
imagées en enlevant le non-complaisant, le laid, le raté.
Ceci
entraine une certaine manipulation des représentations de
souvenirs personnels et autres. C'est une forme d'auto censure qui
change déjà le souvenir futur
Ces
divers éléments eurent comme effet, dans le cadre de
mon travail, l'introduction d' une interaction « mythique
durable » entre sujet et objet
Interaction
liée entre autre à une évolution mémorielle
des sens
Le
conflit entre pensée liée à la ritualité,
donc à une forme de conservatisme,un besoin de
contemporénéité, qui se trouve de son côté
être à la recherche d'une évolution,et une
remise en question de la pensée stable m'ont entrainé à
travailler et à chercher à représenter un
ensemble de personnages fragmentés dans leurs représentations
et leurs structures
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